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Attention!
Les photos n'ont parfois rien à voir avec les textes... |
Pahar
Ganj



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Delhi
L’aéroport
de Dehli nous accueille dans une chaleur dormante et humide. Dans le hall
des douanes, un nuage de fumée, quelques comptoirs sommaires tapissés
d’un papier peint vieux et moche. Quelques employés désoeuvrés
s’appliquent à quelque futilité. Un uniforme fait
le pied de grue, le dos tourné au portique du détecteur
de métaux. Un autre a le rôle très important de faire
signe aux voyageurs d’avancer avec la file d’attente. Quelques
formalités, et puis c’est la recherche des sacs.
J’ai de la chance, le mien arrive assez vite. Nous discutons avec
quelques routards sur le départ, puis attendons encore que la ceinture
régurgite le sac de Phil. Et nous attendons. Et cherchons parmi
les sacs sans propriétaire sur les côtés de la ceinture.
Rien.
Une dame nous aide puis nous amène au bureau des bagages perdus
où Phil rempli quelques formulaires, qu’il faut faire tamponner
de l’autre côté de la salle, puis remettre au premier
bureau.
L’employé nous explique en anglais-indien qu’il faut
le rappeler vers dix heures du matin. Il est huit heures du matin. Cela
fait plus d’une heure que nous sommes en sol indien.
Après
quelques hésitations, nous franchissons les portes de l’aéroport.
Une chaleur humide et poussiéreuse nous accueille, ainsi que quelques
taxis qui nous observent et paraissent prêts à nous bondir
dessus.
Nous embarquons, direction Connaught Place, mais sans adresse précise.
C’est notre première erreur. Les rues sont
presque vides.
(...)
Le
taxi nous pose quelque part su Connaught Place qui s’avère
être un gros chantier pour le futur métro. Et nous commençons
à marcher. Une première personne nous aborde pour nous indiquer
où se trouve l’office du tourisme. Nous le suivons, réticents.
C’est en effet une arnaque. Le bureau en question est vide, seul
un autre touriste hébété occupe le bureau où
l’on veut nous faire monter. Nous ressortons aussi sec. Mais nous
sommes une proie facile, avec mon sac et nos faces de blancs. Suit alors
une danse étouffante de locaux qui nous abordent et essaient de
nous amener à des bureaux fictifs d’information touristique.
Nous finissons par fuir dans l’autre sens, accoster des visages
pâles un peu perdus puis sauter dans un rickshaw et demander au
chauffeur de nous amener à un hôtel choisi au hasard et à
la hâte dans le guide. En insistant bien, nous arrivons enfin au
Namaskar hôtel. Qui, vu l’heure matinale, n’a pas encore
de chambre à notre disposition.
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Hanuman
Temple

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Shimla
Le
train qui relie Kalka à Simla me fait penser au petit train des
Cévennes : petit, lent, il parcourt une route sinueuse. Les paysages
sont magnifiques. Des temps en temps, le train s’immobilise ou s’arrête
dans une gare. On croisera même un train qui descend, plein d’indiens
aussi noirs que joyeux. Ils s’agglutinent aux portes et aux fenêtres
de leurs wagons pour qu’on les prenne en photo. Aussi quelques arrêts
pour grignoter.
Au fur et à mesure que l’on grimpe dans la montagne, l’air
parait moins lourd et moins moite. Il fait moins chaud. Je revis. La lourdeur
étouffante de Delhi est derrière nous. Nous arrivons
à Simla avec la nuit dans le caquètement des rabatteurs
qui attendent la dernière fournée de touristes avant
de rentrer chez eux, et nous nous posons au premier hôtel conseillé
par le guide. C’est plutôt sale, le cumulus à une drôle
de tête et l’eau est coupée à dix-sept heures.
Et la fatigue et la faim aidant peut être, le contraste avec Delhi
et énorme : il fait un froid de canard !
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Bhekhli
Temple

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Kullu
Kullu
est ville morte, rien n’est ouvert et il n’y a rien à
faire. Fabrice et moi décidons de nous aventurer dans les montagnes,
à la recherche d’un temple Hindou. C’est d’abord
la pluie qui nous accueille et puis nous laisse partir. Après quelques
détours de marche tranquille, Phil nous rejoint. Une montée
sévère et nous arrivons au village que nous cherchions.
La montagne est verte, raide, étagée. En passant, nous effrayons
quelques oiseaux d’un drôle de bleu et à la queue longue.
Après quelques maisons, fermes, bottes de foin, buissons d’œillets
–d’inde évidemment- jaune éclatant, nous arrivons
au temple. La façade de bois est partiellement sculptée,
du dieu à tête d’éléphant, Ganesh. Dans
une cour de marbre blanc, il faut se déchausser, et devant une
des colonnes du temple, une statue de lion répand ses couleurs
vives et brillantes. Phil et moi entrons dans l’antre du
temple. Dans l’axe de la porte, une alcôve assez
basse contient des icônes et des statuettes embrumées d’encens.
Un prêtre est agenouillé derrière un petit pot et
quelques fleurs. Phil et ensuite moi nous agenouillons devant lui. Il
étale sur nos fronts avec le pouce un peu un peu de la pâte
rouge qu’il garde dans le pot, offre quelques pétales et
une cuillérée d’eau.
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Dhungri
Temple

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Manali
Le
Green Hotel à une jolie vue sur les montagnes, et entre chaque
étage, une petite terrasse abritée, deux tables basses et
quelques chaises. Et Xavier, de Montpellier (le monde est petit), qui
débarque juste de Delhi. C’est le quatrième joueur
qu’il nous manquait, les parties de belote et de coinche peuvent
commencer ! Mais avant ça, le cuisinier nous amène des tchaes,
juste ce qu’il nous fallait pour nous réchauffer et nous
remettre du trajet ! Puis petit tour en ville, opération bouffe
et puis on rentre, plutôt mouillés. Et c’est parti
pour la coinche !
(...)
Tout
est calme. Le bruit de la pluie s’est tu et rien ne bouge. Le courant
d’air qui s’immisce sous la porte est gelé. J’aventure
le bras hors du duvet et des couvertures pour soulever le rideau au dessus
de ma tête. A l’extérieur, tout semble immobile…
et blanc. La température à l’intérieur de la
chambre et plutôt basse. Si je sors le nez du duvet souffle, c’est
un nuage de buée. Rien de mieux pour me persuader que c’est
le moment idéal pour rester sous les couvertures.
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Manikaran

Bus et bouc

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Manikaran
Deux
heures de trajet pour une trentaine de kilomètres… Et le
bus s’immobilise au bord de la route. Nous descendons les
bagages du bus. Il y a quelques pierres et un ou deux sentiers plutôt
boueux qui descendent vers un pont moitié béton, moitié
fer. Quelques échoppes et dhabas encadrent un petit carré
de terre battue. Quelques taxis et bus campent aussi là. Nous descendons
le sentier un peu raide les sacs sur le dos puis le petit groupe se dirige
vers l’unique rue du village, de l’autre côté
du pont. La rue elle-même n’est pas pavée. A certains
endroits, quelques cailloux tapissent la boue. Au milieu de la rue, un
café avec terrasse.
(...)
Nous
retrouvons nos indiens le soir, chez eux. Ils sont à Manikaran
pour un mois seulement et logent dans un grenier, tout en une seule pièce.
On y accède de l’extérieur. De chaque côté
de la porte, un lit qui ressemble à un lit de camp. Plutôt
qu’un matelas, ce sont des bandes qui se croisent. Il y en a un
pour les parents, un pour les enfants. On nous fait nous asseoir sur un
des deux lits. Phil et les indiens commencent à discuter, ou plutôt
à essayer de communiquer. Ils sont curieux et la barrière
de la langue est assez dure à surpasser. Mais la rencontre est
unique. La mère décide de me déguiser en
indienne. Elle sort le bâton de rouge à lèvre,
me peint une ligne en plein milieu du front, me passe ses boucles d’oreilles
(une ligne de perles fait le tour de l’oreille par le haut, très
joli, petits tintement à chaque mouvement de la tête). Elle
m’attache son châle sur la tête de deux façons
différentes. Et la touche finale : le rouge aux lèvres et
point au milieu du front, entre les deux yeux. La transformation est complète.
On me passe un miroir et c’est à peine si je me reconnais.
Dans le miroir une femme avec un large sourire et des étoiles dans
les yeux guette son reflet dans la glace. Femmes du monde, femme
dans tous les mondes… Quelle différence y a-t-il
entre tous nos peuples ?
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Le lac de Rewalsar

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Mandi
Le
voyage jusqu’à Mandi est assez long mais on arrive enfin
dans l’après-midi. Et décidons de faire étape
là, plutôt que de partir tout de suite sur Rewalsar. On se
paie le luxe d’un bon hôtel de style colonial, le Raj Mahal
(je crois). C’est la première fois que l’on a droit
à une serviette et à une savonnette chacun et aussi, merveille
des merveilles, à un petit rouleau de papier toilette.
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Rewalsar
Une
fois débarrassés des sacs, nous allons faire le tour du
lac. Un pèlerin nous intercepte et nous fait comprendre
que nous ne sommes pas sur la bonne voie : il faut tourner autour du lac
dans le sens des aiguilles d’une montre. Le lac est peuplé
de poissons repus, les arbres sont chargés de drapeaux à
prières jaunes, rouges, verts, bleus, blancs qui flottent dans
le vent. Un sentiment de paix s’en dégage.
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Sur
la route
C’est
bientôt Palampur. Nous cherchons des yeux les champs de thé,
et découvrons en contrebas des rangées d’arbustes
verts et très soignés. Si ça n’avait pas été
vendredi et que les plantations avaient été ouvertes, on
se serait arrêtés, en vue de dégustations… Au
lieu de ça, nous sautons dans un autre bus. En fait, on
se fait escorter, pour être plus précis. Un groupe
de jeune tibétains nous guide jusqu’au bon bus, porte nos
sacs, les déposent dans le bus et l’on nous offrent les meilleures
places, derrière le chauffeur, là où il y a de la
place pour mettre les jambes.
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Tibetan Children Village, festival.

Sâdhû?

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Mac
Leod Ganj
Réveil
un peu plus tardif qu’il n’aurait fallu pour rencontrer, ou
plutôt apercevoir His Holiness the fourteenth Dalai Lama. Nous arrivons
au complexe bouddhiste, le Tsuglagkhang Complex juste après son
départ… Nous arrivons en pleine effervescence religieuse.
Le temple est plein et respire au rythme de moulins à prières…
Nous passons aussi devant la résidence du grand lama.
(...)
Trois
petit feux de bois, des touristes agglutinés pour garder la chaleur
qu’ils peuvent ; un peu de musique et une paire de filles en transe,
puis une guitare surgit et l’on entre enfin dans l’intimité
de la nuit. Les étoiles nous surveillent, on chante avec la guitare,
on se serre, on tire à soi les couvertures que l’on peut.
Quelques un rentrent, et la lune disparaît dans un petit
creux de la montagne. Il est quatre heure passées quand nous rentrons
enfin, bons derniers. Je me sens enfin en vacances.
(...)
Nous
repartons un peu au hasard à travers cailloux et buissons…
à la recherche du bon chemin ! Je me sers de la flûte comme
d’un corps de chasse, comme pour dire ‘je suis là !
Vous ne m’avez pas encore perdue !’. Après quelques
chemins et un soleil à son zénith, nous passons devant une
petite baraque au bord du chemin. Un moine, ou lama, apparaît
pour répondre au ‘Namaste’ lancé un peu au hasard
par Frazer. Il nous invite à entrer dans son humble demeure
: une petite maison de grosses pierres, une petite cour et une grosse
fleur, deux pièces. Une cuisine très simple et la chambre
qui est aussi un lieu de prière. Une photo du Dalai Lama est accrochée
au mur, près des coussinets pour se prosterner, et le calme nécessaire
pour se recueillir et prier.
Il nous offre un chai, le meilleur que j’aie bu jusque là,
et un pain sucré. J’ai beau être la plus petite, c’est
à moi que reviennent les plus grosses portions, que je partage
avec la petite chienne, qui nous a suivi jusque là sans broncher.
C’est exactement ce qu’il nous fallait pour récupérer
des forces. Cela devait faire trois heures que nous marchions, sans trop
savoir où nous allions. Mes deux compagnons font bénir leur
chapelet (mandala ?), on remercie, on sourie beaucoup, on
communique comme on peut et on repart. Le lama nous indique le bon chemin
et, après une pente un peu raide, un nouveau ruisseau et quelques
buissons, on retrouve le chemin de l’hôtel, contents de notre
errance.
(...)
Un
réveil un peu matinal, un tchae en solitaire, le dos au soleil,
à écouter de la musique hindou tranquille et à regarder
passer les gens, les chiens et les ânes chargés de sable
ou de briques. Lente ascension d’un chemin inégal et inaccessible
aux moteurs.
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Couple Sikh au Golden Temple

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Amritsar
L’intérieur
du temple s’offre alors à notre regard : marbre blanc sur
tous les sols et à tous les murs, plusieurs bâtiments font
le tour d’un bassin au milieu duquel le temple d’or trône,
comme une île aux mille reflets. L’eau plissée
sous la caresse du vent scintille. Le marbre est très agréable
sous le pied. Nous suivons le mouvement pour faire le tour et découvrir
les coins et recoins du complexe. Plaques commémoratives, explications,
musée, temples annexes, administration, réfectoire et cuisine,
logements, une salle fermée au bord du bassin dans lequel les femmes
disparaissent puis reparaissent. Nous nous asseyons à l’ombre
d’une arche un moment et je regarde passer les pèlerins qui
déambulent. Certains hommes s’immergent ou se baignent. Les
chants religieux s’échappent du temple et ne s’arrête
pas. Tout paraît paisible, malgré la foule. Les couleurs
des étoffes contrastent avec le blanc aveuglant du marbre.
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Cascades à côté de Rishikesh

Rajaji Park

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Rishikesh
Ram
Jula. Je change de chemin et emprunte la route et m’imprègne
des gens et du mouvement dans les rues. Des vaches traînent dans
tous les coins, quelques sâdhus peinturlurés et extravagants,
vêtus d’orange, se font remarquer. Un est particulièrement
extravagant. Celui-ci est drapé de jaune et rouge vifs et satinés,
son visage est peint en mauve.
Je continue à descendre. Plus bas, la rue est commerçante
et je croise des chariots pleins de fruits, des magasins qui se succèdent.
La journée s’amorce. Des mendiants commencent leur
journée. Alignés contre un mur, ils s’ébrouent
doucement et s’apprêtent à demander l’aumône.
Un travail à plein temps.
Je descends sur les bords du fleuve et sympathise avec une famille de
touristes gujarâtî en pèlerinage (avec tout le groupe
de leur usine de pierres). Je les suis de plus ou moins loin, réponds
à leurs questions, et sur leur invitation répète
leurs gestes : tremper les pieds et les mains dans l’eau et (faire
semblant d’) en boire un gorgée. Grands sourires et petits
dialogues, puis je les rends à leur groupe pour remonter doucement
en direction de l’hôtel en passant par la plage.
(...)
L’ashram
abandonné des Beatles. C’est la première fois que
je le vois de jour. L’endroit est bien plus grand que je ne l’imaginais.
Je découvre des chemins que je ne soupçonnais pas, plusieurs
bâtiments, la forêt a repris ses droits. Dans des bâtisses
abandonnées, il semblerait que quelques familles occupent les décombres.
Au bout d’un chemin, quelques marches et nous voilà sur un
toit, au milieu d’occidentaux pleins de cheveux, de joints, de guitares
et percussions, flûtes, de musique improvisée. Quelques uns
sautent, d’autres arrivent à articuler une danse. Les bâtiments
sont blancs, et la lumière du soleil couchant décline toutes
ses couleurs sur les éclats de marbre tout autour. Le soleil saigne
derrière les arbres puis se fait happer par la pollution de la
ville sans pouvoir couler dans le Ganges. Je suis captivée par
tout ce et ceux qui m’entourent.
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Entre Haridwar et Varanasi

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Train
Une
gare de plus et le train ne repart plus. On se rendort, on se réveille,
on se pose beaucoup de questions et le train ne bouge toujours pas. On
explore le wagon et on ne trouve pour toute compagnie que quelques occidentaux
perdus, deux indiennes et un vieux monsieur très digne. On nous
explique que le train en attend un autre. Deux heures et plusieurs trains
plus tard, le train n’a toujours pas bougé. La nuit
arrive et on approche les vingt heures de voyage. L’heure
de la décision a sonné. On plie bagage pour grimper dans
un autre train, un express, qui part pour Varanasi. Ce train s’ébranle
alors que l’on arrive sur le quai et chacun saute dans un wagon
dont la porte est encore ouverte. C’est encore mieux que les westerns
!
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T'es qui toi?

Toits

Ganges ou Styx?

Offrandes ou pollution?

Oh la vache!

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Varanasi
Varanasi,
une arrivée en fanfare. On était prévenus,
mais ça surprend tout de même. La nuit est déjà
avancée, et l’on ne sait pas trop à quel hôtel
on veut aller. Nous sommes une équipe de quatre, et je compte les
rickshaw-wallah-rabatteurs qui pépient autour de nous. Au moins
une quinzaine essaient de nous extorquer le double du prix de la course.
C’est une bonne moyenne de quatre chacun. Vu comme ça, c’est
peu. On fini par s’entasser avec nos sacs dans un seul et même
rickshaw pour une course le long de grands axes avec le bruit la pollution
et la foule. On est serrés comme des indiens dans un rickshaw.
On enchaîne sur des rues piétonnes, tortueuses et étroites
et on arrive enfin.
(...)
Bénarès.
Le Ganges s’étend derrière un amas de toits
; toits plats, toits pointus, toits dans tous les sens, un peu
délabrés, beaucoup délavés par le soleil.
Le jour nouveau se reflète sur le fleuve, qui miroite et renvoie
la brume et la pollution aux yeux de la ville. Tout est tranquille. Quelques
oiseaux se promènent, le Ganges porte quelques pirogues. L’eau
à peine se plisse à leur passage. Des singes se font chasser
des toits à grands cris. La ville se réveille, on l’entend
qui se racle la gorge et s’apprête à son concert de
tous les jours.
(...)
Le
ciel est sans nuages dans le lointain et la ville se noie dans la brume.
Le Ganges s’y noie aussi. On dirait le styx. Les barques
amènent des rangées de têtes de l’autre côté,
sur une rive déserte et brumeuse. On ne voit pas le bout du fleuve.
(Les ghâts crématoires déversent leurs morts dans
les eaux).
(...)
La
terrasse domine le Ghât crématoire, que l’on ne voit
pas d’ici. A côté des corps que l’on brûle,
un peu plus haut sur d’autres toits, des enfants font voler des
cerfs-volants et on en entend d’autres qui jouent dans des cours,
en contrebas. La mort et la vie se côtoient sans autres
drames que ceux du quotidien. Les choses sont là où
elles sont et, comme le Ganges, suivent leur cours.
(...)
Varanasi,
la cité de folie ! Prisonnière de la vie qui grouille qui
grouille ! Partout, tout le temps ; sans arrêt sans sommeil, au-delà
de mes limites.
J’ai envoyé une bougie et des oeillets (d’Inde)
porter mon vœux de patience et de tolérance au Ganges…
Deux essentiels pour survivre ici… Je sortirai de là
épuisée mais peut-être plus forte, plus sûre.
Folie légère.
La ville me boit et m’absorbe j’en suis ivre j’en deviens
folle ma tête n’est plus qu’un amas de fatigue et plus
rien n’importe je m’enfonce dans une acceptation nonchalante
du stress permanent. Rire pour ne pas stresser.
(...)
Varanasi,
la folie douce, Shanti Madness !
Du monde, des vaches, des chiens, des singes, des chèvres, des
morts et des enfants, des hommes, des femmes, des mendiants, des gourous,
des sâdhus, des bateaux, des massages, des oeillets des bougies
des couleurs des cris des bruits, des chants, de la merde plein les rues,
à plein nez à plein pieds… Des oiseaux verts inséparables,
des toits qui s’empilent, de la vie dans tous les sens et en plein
air, du soleil et de la brume. Le meilleur et le pire concentrés
sur la rive ouest du Ganges. Une ville à aimer et à détester,
ville riche de misère et de foi. Des cerfs volants du bruit en
continu, une ferveur dans tous les instants dans tous les lieux dans tous
les gens, une ferveur naturelle qui passe inaperçue aux habitants
de la ville.
BRUME.
La brume lève le rideau de la nuit pour le spectacle du jour.
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Vue depuis le fort

Phil et Mél

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Jodhpur
Les
vendeurs de bananes ne manquent pas d’air ! Celui-là voulait
me vendre une banane pour le prix de tout le régime ! Après
une petite sieste tranquille, je remonte au fort pour voir le soleil qui
décline. La vue porte loin, l’horizon est dégagé.
J’observe quelques vautours qui circulent autour d’une proie
et contrebas.
(...)
Le
fort domine une mer de maisons azur, un désordre qui inonde les
pieds de la muraille sans l’éclabousser ni l’atteindre.
Le soleil décline et la vie pépie. Les
pierres rendent la chaleur du jour qui s’adoucit. Il faudrait plonger
dans le remous, se débattre puis se laisser porter par le flot
de vie, remonter à la surface et revenir, peut-être, dans
la fraîcheur du matin et respirer une paix limpide.
(...)
Le
soir, nous décidons de nous initier aux joies de Bollywood.
Le théâtre paraît un peu grisâtre mais c’est
peut-être la nuit. Il y a trois classes différentes et trois
bouts de salle différents, correspondant sans doute aux différentes
castes. En haut, au balcon, les meilleures places. Au milieu, avec nous,
les classes moyennes, et en bas dans la fosse, les moins riches. Et, à
l’entrée, autant de guichets et d’entrées.
La salle n’est pas des plus récentes, mais à l’entrée,
les en cas pour grignoter avant ou pendant le film. Nous découvrons
une vieille version remasterisée d’un classique, probablement
l’ancêtre des bollywoods actuels. Certains s’enfuient
avant l’entracte. L’entracte est la très bien
venue ! Le film est en Hindi non sous titré, et personne ne comprend
mot !
L’entracte est pour moi de faire une rencontre émouvante
dans les toilettes. Une famille me sourie me sourie, me parle et je ne
comprends rien donc je sourie aussi. Ils veulent m’offrir à
manger, mais ce n’est pas une bonne idée, je ne suis toujours
pas remise de mes expériences culinaires de Varanasi.
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Le fort

Chamelier, désert du Thar

Ombre de Phil

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Jaisalmer
Jaisalmer.
Dans un désert un fort énorme, des commerçants ouverts,
des gens souriants. L’Inde m’a enfin apprivoisée, dans
la sécheresse chaleureuse à la frontière du pays.
Babu ! Babas ! Sans frontières dans un monde qui libère.
Prisonniers de liberté, sans amarres et sans port, cent ports
où naviguer, cent ports où se perdre et se retrouver et
retrouver tous ceux qui nous accompagnent, de loin et tout près
de nous.
(...)
Encore
une journée en terrasse, en musique et en découvertes culinaires,
qui commence juste à côté de chez nous par du pain
allemand. Nous avons rejoint Roger pour cet évènement extraordinaire
: du bon pain !
Désert
du Thar
Ecrire
dans le sable un destin qui s’estompe derrière nos pas dans
le vent qui tourne et caresse la nuque. On ne se retourne pas.
Deuxième jour dans le désert. On voyage peu, on fait beaucoup
de pauses ; on profite du calme pour se reposer et s’oublier un
peu.
La tête qui explose de musique, les oreilles bourdonnent de silence.
Du sable, du ciel, du soleil et un repos qui hésite. La caravane
se pose, quelques solitaires s’isolent au sommet d’une dune.
Ils sont souverains d’un royaume intérieur, de paix nouvelle
et surprise.
Chacun se retrouve, fait ce que le désert lui dicte, répond
à l’appel intérieur qu’il noie de bruit et de
vie depuis des lunes, des soleils, des terres et d’autres continents.
La route de chacun a été longue, et peut-être ne fait-elle
que commencer.
L’espace donne une nouvelle dimension. On peut le découvrir,
l’observer, le conquérir, le côtoyer, rester à
la caravane ou s’en évader dans un creux de sable ou sur
la crête d’une vague sablée.
Le vent vient en caresse puis s’envole, me laissant immobile
dans l’extase des sens.
Observer les gens et imaginer de quoi résonne leur contemplation.
Chacun s’isolait en haut de sa dune. Et pourtant après ils
se retrouvent au coin du feu.
Soirée jam. Les guides et leurs touristes s’échangent
des chansons et s’emmêlent de musiques. A s’échansonner
toute la nuit on se fond dans les reflets du feu, flammes qui brillent
éperdument jusqu’à ce que tout s’essouffle.
Les étoiles dansent dans les yeux du ciel, on observe la terre
qui tourne, le jour qui s’anuite et la nuit qui s’ajourne.
Du bonheur en barre.
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Marché conclu

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Pushkar
Entre
deux tours de lac, je me retrouve nez à nez à un autre de
ces hasards de l’Inde : Roy, de Varanasi, est là ! Pour un
hasard ! Autres retrouvailles, organisées celles-là : Olivier
nous rejoint, avec vingt quatre heures de retard. Un petit problème
de logistique. Encore une journée à glander. (...) Ô
surprise ! Au beau milieu de la rue entre deux tentures qui vois-je ???
Tom, puis Efrat, à peine remises du froid et des cours de Tai Chi
de Rishikesh. Ca fait plaisir ! L’alchimie se refait immédiatement.
(...)
Pushkar.
Pas si moche que ça vu d’en haut de la montagne sous l’oeil
tranquille du soleil couchant. Quelques baraques blanches, bleues et jaunes
pâlissent entre les petits plateaux arides et les prémisses
du désert ; oasis verte et éparse qui se ferme aux étendues
arides du Rajasthan.
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LE Taj Mahal

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Agra
On
se demande si on arrivera effectivement à Agra avant le lever de
soleil, ou s’il faudra troquer les reflets roses sur un Taj encore
calme pour les traînées au fond de l’horizon entre
les barreaux de la fenêtre et les traces de gras sur la vitre.
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Ribambelle de touristes

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Fatehpur
Sikri
Et
quelques images éparses cueillies sur le chemin.
Le boui-boui de Fatehpur. Les femmes nous regardent depuis l’encoignure
d’une porte. Les gens qui passent dans la rue font semblant de ne
pas regarder les deux touristes qui les regarde passer.
Le sourire de joie simple du vendeur de fruits quand
il me rend la monnaie des bananes.
Des petits instants chaleureux qui compensent la présence harcelante
des chasseurs de touristes. Ca fait du bien de se retrouver en dehors
des circuits à Touristes Qui Fument. C’est plus l’Inde
et moins Touristland, le pays des Goris et Gora.
Le regard de la dame quand elle me rend la bouteille d’eau. Pas
de mots mais le ‘merci’ transperce avec force ses yeux voilés
et brillants. Elle a bu dans sa main en coupe plutôt que
de s’emparer du goulot, délicate attention.
Le bus le plus petit que j’aie eu jusqu’ici, et les sièges
les plus étroits, très plein, mais la tête par la
fenêtre à la recherche s’images ça passe très
bien, presque trop vite même.
Dire merci, dire un mot ou le laisser respirer dans un regard
et dans un sourire.
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ET VOILA MEL-INDIA!
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